Sunday, August 30, 2009

PROENZA SCHOULER

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Il y a deux choses que j’adore dans la vie. Proenza et Schouler. Non en fait 3. Quand mon père me dit “c’est bien ma fille la mode, oui pourquoi pas après tout. Ca te va bien. Mais alors lance-toi dans l’épistémologie de la mode, pour te distinguer des autres. Parce qu’il faut garder à la mode toute sa légèreté mais surtout fuir sa superficialité. » En voila un conseil de Papa, pas spécialement avisé mode du tout, qu’il est bon ! Donc je décrète aujourd’hui que mes trois idoles masculines sont : mon père, Lazaro Hernandez et Jack McCollough. Et pour rendre hommage aux trois en même temps, voici les raisons précises du pourquoi Proenza Schouler me procure autant de bonheur et pourrait vous en procurer tout autant.

Tout d’abord parce que les inspirations des deux jeunes hommes sont saines car a priori antithétiques : la couture française d’un côté avec Dior ou Chanel, le grunge américain de l’autre avec Nirvana. C'est-à-dire l’équilibre parfait entre le grand n’importe quoi, le néo punk destroy et la rigueur et l’élégance frenchie. Et aussi parce que certaines de leurs créations sont nées de l’idée de pliage des petits avions en papier. Une régression créative qui donne des volumes et des détails de coupes symptomatiques parfaits.

Ensuite parce que lorsque les papesses de la mode Suzy Menkes, Hilary Alexander et Anna Wintour ( respectivement du International Herald Tribune, Daily Telegraph et Vogue Us) soulignent de concert, et ce dès les débuts, le talent de ces deux jeunes gens, on s’interroge puis en toute bonne foi on se pâme. Houpette haut perchée, look obsolète ou frange austère ne doivent en rien nous détourner du droit chemin souvent tracé par ces dames avisées de la sphère mode… C’est justement grâce à Mme Wintour, que les deux acolytes décrochent au sortir de la Parson’s School où ils ont réalisé leur collection de lauréats à quatre mains, un job chez le styliste Michael Kors pour l’un et Marc Jacobs pour l’autre. Premiers pas avant que miss « je fais la pluie et le beau temps de la mode » ne s’approprie leur collection entière pour jouer à domicile.

Troisièmement car la sophistication des sonorités incongrues de ce nom Proenza Schouler (prononcer Pro –N –Za-Sko-Leur) est un indice lexical de succès et d’originalité. En réalité il n’est autre que le cumul des noms de jeunes filles de leurs mamans, quel hommage touchant n’est-ce-pas ? Leurs origines justement se situent aux antipodes, et ce sont ces différences fondamentales qui établissent les bases d’un style pourtant très cohérent où le mélange des idées est un moteur. «Seul, chacun de nous ne serait pas aussi fort, explique Jack. Notre duo est enrichissant, car il est fondé sur des différences quasi irréductibles. On est tous les deux américains, mais avec des références si éloignées qu'on n'aurait sûrement pas été copains au lycée!».

En effet Lazaro Hernandez, le petit brun, élevé dans les jupons d’une mama immigrée cubaine découvre la mode dans son salon de coiffure en lisant Harper's Bazaar, Vogue, Elle...:Jack McCollough, le bellâtre aux yeux azur, ado rebelle en dreadlocks, grandit au Japon avant de rejoindre San Fransisco, quittant sa famille de banquiers

Enfin parce que parmi leurs inconditionnelles, on compte Kirsten Dunst, Chloë Sevigny ou Demi Moore, déjà repérées au premier rang de leurs défilés. Messieurs Proenza Schouler aiment habiller les filles mystérieuses disent-ils. Qu’à cela ne tienne, si anonymat peut rimer avec mystère, tout espoir est permis !

Jack et Lazaro sont installés dans leur atelier de Chinatown, où ils écoutent New Order et Joy Division, on les aime d’autant plus pour cela, et quand ils seront grands ils pensent devenir collectionneurs d’art, amateurs qu’ils sont de Rothko, Basquiat, Duchamp, Yves Klein ou Jean Prouvé...

Avec un tel bon goût, dois-je vraiment m’étendre sur celui de leurs collections….Je n’ajouterai donc qu’une chose : les lunettes sont déjà en boutique (Marc le Bihan), les chaussures arrivent au printemps 2009 avec le concours de Guiseppe Zanotti, les sacs seraient prévus pour septembre et une boutique à New York en 2009…

Je n’ai donc plus qu’une question : mais qui va donc me payer le billet pour la grosse pomme?

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HEIMSTONE FOREVER


HEIMSTONE FOREVER


J'avais pourtant dit une fois par mois... Car pour tenir un blog, il faut de la discipline, de la rigueur. Pour ne pas partir dans tous les sens, pour établir une cohérence. Non mais. Certes cette organisation ne regarde que moi, je ne m'éterniserai donc pas.
Un mois c'était la fréquence que je m'étais fixée pour écrire un portrait d'un créateur que j'aime et sur lequel je veux attirer l'attention car il le mérite à mon humble avis.
J'arrive peut être après la bataille car les filles d'Heimstone ont déjà largement fait parler d'elles dans la presse, mais à l'époque je n'avais pas ce blog pour leur rendre un hommage de modeuse admirative.

Je décide de le faire particulièrement aujourd'hui, car c'est les soldes au cas où quelqu'un l'ignorerait. En tous cas les soldes elles m'ont totalement ignorée faute de trouvailles méritantes et pour cause de prix toujours exorbitants. Forte de cette déception je décide donc de parler d'une mode hors soldes (même s'il y en a aussi sur les modèles d'Heimstone et que je ne compte pas les rater!), pour ce qu'elle a de créatif, d'atypique, de novateur, de magique même, soyons fous!



Heimstone donc, est mon coup de coeur vestimentaire de l'année dernière déjà. Une marque française coachée par deux jeunes blondes rayonnantes et rock'n roll, qui révolutionne l'univers du moyen gamme avec des créations très personnelles, investies d'un style qui ne s'acoquine pas aux tendances, qui trouve son propre souffle dans une féminité brute, des mélanges de matières, des formes tantôt vaporeuses, tantôt structurées, des contrastes aussi inattendus que réussis, des pièces d'une originalité criante.


Un véritable bijou en matière de créativité qui a élu domicile au 23 rue du Cherche Midi à Paris dans une ancienne boucherie dont la devanture metallique abrite des trésors (aussi chez Gas by Marie, Brand Bazar.... www.heimstone.com).





Alix Petit et Delphine Delafon ( qui est passée par E2 et Vanessa Bruno) se rencontrent chez Michel Klein. Leurs inspirations complémentaires les mènent d'abord à l'élaboration de bijoux à base de boulons industriels puis de maillots de bain dont l'un est porté par Uma Thurman -excusez du peu - dans In a bloom. Elles se mettent ensuite à la fringue et leurs premières pièces s'écoulent grâce au réseau de copines qui engloutissent 400 pièces lors de ventes en appartement.










La suite est une succession de collections toujours plus audacieuses et inédites les unes que les autres. L'hiver 2007 prône des formes militarisantes où la robe est la pièce maîtresse du jeu.
Elles osent le moutarde (que l'on n'aura jamais trouvé aussi seyant) et la toile de jute, là où d'autres optent inconditionnellement pour le noir et la soie. Il en est néanmoins question aussi chez Heimstone, mais jamais en cédant à la facilité. On n'achète pas ici des basiques mais des pièces élaborées, des créations intimant un style propre, baladant avec elles un univers intrinsèque. Celui d'une baby doll ténébreuse en ce qui concernait l'hiver dernier.





Pour cet été, elles jouent entre transparence et opacité, douceur des matières soyeuses et brutalité des détails de clous pointant sur des amazones de caractère, incarnées dans leurs campagnes, par une espiègle et charismatique égérie aux cheveux aussi courts et bruns que sont blonds et longs ceux des deux jeunes prodiges....La preuve que si les filles d'Heimstone déclinent une mode qui leur parle, elle ne la destine pas qu'à des filles qui leur ressemblent.

Les contrastes de beige et de noir dessinent des volumes très modernes, sur des longueurs plutôt courtes pour gambettes affirmées, les blousons motards se taillent une place de choix pour encanailler l'élégance des robes qui demeurent leur thème de prédilection. Le lurex illumine des bleus obscurs.
Il y a un fil conducteur dans chaque collection, qui n'est jamais le même, mais reste toujours sous-jascent pour créer cette cohésion essentielle à une collection, cette patte qui distingue une marque, cette silhouette reconnaissable entre mille qui fait l'identité d'un créateur.






En l'occurrence c'est encore un quatre mains- comme pour mes chouchous Proenza Schouler dont je parlais il y a peu de temps ici- qui accomplit le miracle de ces vêtements avoisinant les 400 euros en moyenne. A croire que l'ambivalence et la complémentarité ont du grand bon! Et pour boucler la boucle des similitudes entre talents de la mode, le Heim de leur nom est aussi hérité d'un patronyme familial...

Les filles d'Heimstone ont ce petit truc roots dans le look et dans leur univers, qui sied si bien à la mode, l'empêchant ainsi de devenir prétentieuse. Elle n'en reste pas moins exigeante chez Heimstone de qui l'on ne pourra pas - adepte ou non du style- déplorer un manque d'inventivité, de recherches, de propositions.





Pour l'hiver prochain, changement de programme: le léopard repointe le bout de son nez, faisant fi des modes encore une fois, et s'intercale entre des couleurs vives qui véhiculent une imagerie ethnique inspirée.







Place à la citadine baroudeuse qui emmène avec elle un peu de voyage, aux longitudes colorées, à l'hyper structure, aux mélanges de teintes africaines et de textiles/formes aux allures futuristes.

Décidément Heimstone est inclassable. Un ovni à qui l'on souhaite la bienvenue sur la Terre mode formatée.
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Garants de la tendance:

Garants de la tendance: Vincent Grégoire, du bureau de tendances Nelly Rodi, caution récurrente des magazines en matière de mode. Pascal Monfort, sociologue de la mode, chanteur de The Shoppings et dénicheur de tendances pour Nike, nouvelle référence médiatique en matière de consommation mode et culturelle.




Photographes : Terry Richardson, l’un des acteurs majeurs de l’avènement du porno chic (choc) à l’image. Responsable des campagnes publicitaires de Sisley, et plus récemment du souffle de modernité qui rajeunit celle de Princesse Tam Tam. Imagerie blanchâtre crue, pour une vision trash de la mode reconnaissable entre mille.


Boutiques: Colette, évidemment, le Temple de la mode parisienne qui brasse aussi depuis plus de 10 ans la faune internationale qui veut trouver du branché à Paris en matière de vêtements, livres, disques, accessoires…La librairie du 107 Rivoli, adresse du musée des Arts décoratifs. Une bibliothèque complète à consommer, qui réunit tous les ouvrages d’univers arty très prisés par la hype.


Réalisateurs: David Lynch, malgré (ou justement) l’ essence impénétrable de son œuvre qui donne lieu à des interprétations parfois hasardeuses…. Pour son génie esthétique au glamour obscur. La vision trash de la jeunesse US de Larry Clark ou la caméra conceptuelle mais très émotive de Gus Van Sant. Et par voie de conséquence des films comme Mulholland Drive, Kids ou Last Days…



Actrice/acteur : Chloë Sevigny, Asia Argento, Vincent Gallo… Des acteurs du cinéma indépendant, de films d’auteurs plutôt que des blockbusters américains qui terrassent souvent par leur inconsistance. Tous trois entretiennent une appartenance underground par des choix cinématographiques mais également esthétiques, très borderline…


Chanteurs/Groupes : Herman Düne, un duo folk indie au look tacky qui préconise l’usage de salles à taille humaine pour ses concerts. Sébastien Tellier, monsieur Eurovision 2008, un romantique tout droit échappé de l’époque des Bee Gees, qui propose une électro-lova à textes, en arborant un look savamment ringard.



Djs : Justice, Daft Punk, les Putafranges, Béatrice Ardisson. Pour commencer, deux duos de garçons. Les premiers ont fait de leur look symptomatique un fonds de commerce complémentaire à leur immense succès disquaire. Les seconds attisent depuis des années la curiosité de leurs fans, constamment cachés derrière des masques.

Les Putafranges, avec un nom retentissant et un style dont les enseignes ont compris l’intérêt (collection récente pour Maje) ou Béatrice Ardisson, reconnue pour sa programmation musicale de l’émission Paris Dernière (produite par son mari), sont les icones féminines du milieu.


Producteurs : Pharell Williams, Pedro Winter. Le premier, invité star des front rows des défilés Vuitton, est un artiste hip hop talentueux qui produit des pointures comme Britney Spears , Justin Timberlake, Gwen Stefani ou Madonna. A chacune de ses interventions les médias crient au génie et le chanteur ajoute un diamant de plus à ses nombreux bijoux.

Le second, fondateur du label Ed Banger, lui-même DJ sous le pseudo Busy P, a produit les derniers succès électro de la décennie : Daft Punk, Justice, Uffie, Sebastian, DJ Mehdi…les incontournables des dancefloors parisiens.


Auteurs : Frédéric Beigbeder, ex publicitaire, ex présentateur TV, ex éditeur, mais toujours écrivain et spécialiste du thème de la consommation, illicite ou pas…Thomas Lélu, plasticien et photographe, auteur affranchi qui prône l’éloge du désordre et de la provocation. Tous deux adeptes de la lunette à forte monture en plastique noire, cultivent un intellectualisme débridé.



Artistes
: l’anglais Damien Hirst qui explore le rapport entre l’art, la vie et la mort surtout, comme l’illustre l’un de ses fameux crânes bling bling incrustés de diamants, qui régala la FIAC cette année. L’américain Jeff Koons qui exposait à la rentrée ses sculptures bouées géantes au Château de Versailles. Un parti pris d’art contemporain ostentatoire qui interpelle sans détours.




Présentateur TV : Ariel Wizman, monsieur tendances de Canal +, DJ récurrent des soirées parisiennes et son look absolument maîtrisé.




Restaurant : Pour n’en citer qu’un récent à Paris: Le Chacha. En réalité, un lieu hybride bar, restau et boîte à la fois, détenu entre autres par le producteur et réalisateur heureux d’Asterix , Thomas Langmann. Un rendez-vous chic obligatoire des branchés parisiens à proximité des Halles.




Boîte de nuit : La plus emblématique de la décennie, le Baron. Un des établissements de la Clique, collectif regroupant les acteurs de la nuit parisienne, fondé entre autres par André Saraiva. Plus connu par son prénom de graffeur, André. Le lieu : un ancien bar à entraîneuses devenu boîte pour happy few. Et aussi le Showcase, le Rex, le Pop in…








Bars : le Truskel, un bar ambiance pop british toujours bondé vers la Bourse ou la Flèche d’or , direction Porte de Bagnolet, lieu de concerts et de dj sets d’artistes émergents. Tous deux roots juste ce qu’il faut, pour donner l’illusion à la jeunesse dorée parisienne de s’encanailler un peu. Les autres : Chez Moune, le Point FMR, le Social Club, la Bellevilloise…





Hôtel : Hôtel Amour, un autre établissement du tentaculaire André, situé dans le 9 ème. Outre son restaurant avec patio intérieur, ses chambres au design spécifique sont prévues pour accueillir les 5 à 7 coquins des branchés. L’Hôtel Costes, fer de lance des établissements des frères du même nom, situé dans l’élégante rue St Honoré et son cachet baroque désormais légendaire.








Evénements : le Fooding, une semaine consacrée à la bonne chair, sacralisée par une soirée de remise de prix durant laquelle, les bons vivants parisiens, dégustent les mets raffinés de ce qui se fait de mieux en matière de cuisine.

Rock en Scène, un festival rock qui réunit des têtes d’affiches, au Parc de Saint Cloud jusqu’alors. Notre version française de Glastonbury pour étrenner ses bottes en plastique dans la boue parisienne de fin août.




Blogs : celui des Fluokids, The Sartorialist, Cory Kennedy (fermé depuis peu), Face Hunter. Le blog étant devenu aussi prescripteur que les magazines, les clichés volés des looks les plus pointus de la rue, les frasques nocturnes des people ou les découvertes musicales d’internautes, sont une mine d’inspiration pour curieux voulant flairer les tendances à venir.



Magazines : Clark, Vice, Nylon, Purple … loin d’être les magazines les plus distribués, ils sont de véritables bibles de tendances pour la hype et des catalogues véhiculant son esthétisme trashy. Technikart, les Inrocks pour la musique…




Journalistes : Kappauf, Olivier Zahm… Respectivement du Citizen K et de Purple Magazine. Des icones aux frasques excentriques qui hantent les pages nuits des magazines. Et pas seulement des leur.

Cette liste, loin d’être exhaustive ou cohérente, est à l’image de la hype. Ephémère, inconstante, fluctuante. A l’heure où vous lisez ceci, ce recensement est peut-être déjà obsolète…Il en est ainsi de tout ce qui est ancré dans la tendance. Impactant, grisant mais rarement durable…

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